La City en quête de remèdes « anti-stress »

Publié le 09-12-2016 |
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Selon Laure, 43 ans, cadre au sein du service informatique d’une grande banque française à Londres, la nervosité de ses collègues est palpable : pieds qui tapent nerveusement sur le sol, doigts qui tambourinent sur la table… Autant de signes d’anxiété qui ne trompent pas. « Et pourtant, explique la professionnelle, aucun de mes collègues n’avouera à voix haute qu’il est stressé. » Elle-même, férue de sport, confie qu’elle ne se verrait en aucun cas évoquer une quelconque anxiété auprès de son supérieur hiérarchique : « J’aurais trop peur que cela soit assimilé à une marque de faiblesse. » A l’image de Laure et de ses collègues, les banquiers n’aiment pas s’épancher sur leur anxiété. Pourtant, 40 % des quelque 1.000 banquiers d’investissement de la City interrogés par MetLife à l’occasion d’une enquête publiée en octobre reconnaissent que leur emploi est « extrêmement stressant ». Pis, 67 % envisagent même de le quitter l’an prochain si le niveau de stress ne diminue pas. Néanmoins, l’omerta demeure : 70 % estiment que l’aveu d’une anxiété ou de problèmes de santé mentale pourrait nuire à leur avenir professionnel. « On aurait pu penser que la dépression d’Antonio Horta-Osorio, directeur général de Lloyds Banking Group et le ‘burn-out’, puis la démission, du responsable conformité de Barclays changent cette perception à la City, commente Cary Cooper, professeur de la Manchester Business School spécialisé dans les questions de santé mentale au travail. Or il n’en a rien été : débordés par la charge de travail, les salariés travaillent toujours plus et se sentent vulnérables. »

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