Les jeunes investisseurs du non-coté choyés

Publié le 01-06-2017 |
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Après une année exceptionnelle en 2016 avec une levée de capitaux record de 14,7 milliards d’euros en France, les fonds de capital-investissement parisiens tiennent à soigner leurs équipes d’investissement. En particulier les juniors. « Dans un marché favorable, il faut veiller à garder les jeunes, estime Benjamin Arm, associé gérant chez Omnes Capital. Nous accompagnons des fonds sur une période de dix ans, il y a des étapes à franchir, donc il faut des personnes qui s’inscrivent dans cette durée. » « Il y a en ce moment un enjeu de rétention autour des profils juniors, confirme également Philippe Hayat, managing partner de Serena Capital. Dans ce petit secteur, les recrutements se font beaucoup entre fonds et les bons se repèrent très vite. » Un des signes les plus emblématiques de cette marque d’intérêt pour la jeune génération concerne le carried interest, système de rémunération spécifique au private equity qui consiste en un intéressement pour les gestionnaires de fonds, selon la plus-value réalisée (en général 20 %), à partir d’un seuil minimal de plus-value (le « hurdle rate »). « Dans les fonds ‘small’ et ‘lower midcaps’, 75 % des juniors ont du ‘carried interest’ à partir de trois ans d’expérience, observe Jérôme Hacquard, associé du cabinet de chasse de têtes Singer & Hamilton. Il y a eu une accélération de l’accès au ‘carried interest’ pour les profils plus juniors depuis 2009 ; l’objectif principal est d’avoir l’ensemble de l’équipe ‘on board’ et d’avoir ainsi un alignement d’intérêt parfait. Les LP (‘limited partners’, les investisseurs finaux, NDLR) y sont devenus particulièrement sensibles depuis la crise des crédits ‘subprime’. Rendre le ‘carried’ accessible au plus grand nombre permet de plus de limiter le montant des salaires fixes et des bonus, c’est aussi un outil de gestion RH. »

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